Procès des bandes urbaines

Procès des bandes urbaines: 2 membres «Versailles» coupables du meurtre de Gregorio Valente Correira.

Yannick Bibo Binuene et Murphi Bisi Wa Bisi, de la bande urbaine des «Versailles», ont tous deux été reconnus coupables du meurtre de Gregorio Valente Correira, jeudi matin, par le jury d’assises de Bruxelles, après une durée exceptionnelle de 22 heures de délibération.

Ruddy Lopez, lui, a été reconnu coupable de coups et blessures avec préméditation sur la victime, lesquels avaient entraîné la mort de celle-ci sans intention de la donner.

Yannick Bibo Binuene et Murphi Bisi Wa Bisi ont été reconnus coupables de meurtre mais aussi d’association de malfaiteurs en vue de commettre un crime et de port d’arme prohibé.

Ruddy Lopez, lui, a été reconnu coupable de coups et blessures avec préméditation sur la victime, lesquels avaient entraîné la mort de celle-ci mais sans intention de la donner. Il a également été reconnu coupable, comme les deux autres, d’association de malfaiteurs en vue de commettre un crime et de port d’arme prohibé.

Enfin, Mavambo Mukobo, accusé uniquemement d’association de malfaiteurs et de port d’arme prohibé, a été acquitté.

Poignardé à plusieurs reprises

Le 3 avril 2010, vers 2h30 du matin, les quatre accusés, de la bande urbaine des «Versailles» de Neder-over-Heembeek, s’étaient rendus à La Rocca, une boîte de nuit située à Lierre près d’Anvers.

Yannick Bibo Binuene, Ruddy Lopez et Murphi Bisi Wa Bisi étaient accusés de s’en être pris violemment, là-bas, à Gregorio Valente Correira, âgé de 22 ans, de la bande urbaine des «1140» d’Evere. Ils devaient répondre de l’assassinat de celui-ci, décédé après avoir reçu plusieurs coups de couteau

Mavambo Mukobo, lui, n’avait été renvoyé devant les assises que pour association de malfaiteurs et port d’arme prohibé liés à ces faits.

Le ministère public avait soutenu qu’il s’était agi d’une expédition punitive des «Versailles» pour venger la mort d’un des leurs, Patrick Lufusu Fikilini, tué à coups de couteau par des membres des «1140» en juillet 2008.

Des coups vers les organes vitaux

Dans sa motivation, jeudi, le jury a tenu compte des aveux de Yannick Bibo Binuene, lequel avait dit avoir porté un ou plusieurs coups de couteau à la victime. Or, les coups avaient été portés vers des organes vitaux comme le foie et les poumons, l’intention homicide était donc établie, selon les juges. Concernant Murphi Bisi Wa Bisi, ils ont considéré que les couteaux retrouvés étaient bien les siens et qu’il avait donc participé au crime également.

Ensuite, les jurés ont estimé que Yannick Bibo Binuene et Murphi Bisi Wa Bisi avaient probablement préparé l’attaque des «1140» mais qu’il existait un doute raisonnable quant au fait qu’ils avaient envisagé de tuer.

Egalement, concernant Ruddy Lopez, les jurés ont estimé que, dans son chef, il existait un doute raisonnable quant à son intention de tuer car les témoins entendus ne l’avaient vu donner qu’un seul coup de couteau.

Enfin, à propos de Mavambo Mukobo, ils ont considéré qu’il ne faisait pas partie de l’association de malfaiteurs étant donné qu’il était arrivé sur le lieu des faits à bord d’un autre véhicule que celui de ses trois co-accusés. Ils ont aussi estimé qu’il ne devait pas être déclaré coupable de port d’arme prohibé étant donné qu’un seul témoin avait dit l’avoir vu en possession d’un couteau.

24h de délibération

Entré en délibération mercredi matin, le jury a donc mis près de 24 heures pour parvenir à un verdict puis pour motiver l’arrêt. Une durée exceptionnellement longue pour un procès qui ne nécessitait pas d’hébergement des jurés dans un hôtel pour la délibération.

Les avocats et la famille de la victime, qui avaient été rappelés à la cour vers 23h, alors qu’il ne restait plus au jury qu’à motiver son verdict, ont donc attendu toute la nuit à l’intérieur de la salle d’audience avant de pouvoir entendre, vers 8h, le prononcé de l’arrêt.

Le débat sur la peine aura lieu vendredi à 9h.

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Palais de Justice

© Simon Blackley